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Dagoba

  • Metal-Punk-Stoner
  • Agent: Bernard H.

La scène metal française se porte trèèèès bien, merci.

Depuis que ses frontières sont largement ouvertes vers l’extérieur et que le monde entier découvre ses artistes, on ne cesse de louer sa richesse, sa robustesse, son inventivité.

Enfin.

Depuis 2003 et son premier album éponyme, DAGOBA se hisse fièrement parmi les représentants chevronnés du metal hexagonal : du chemin au-delà de Marseille, les français ont franchi des étapes déterminantes à travers chacun de ses six albums studio, autant salués par la critique que par leurs fans. Des influences du power-metal US des années 90 (Pantera, Fear Factory, Machine Head), DAGOBA a ouvertement embrassé cette école américaine en s’adjoignant les services de Logan Mader à Los Angeles pour finaliser ses deux précédents opus, sans pour autant s’enfermer dans un style : au contraire, le groupe nourrit son metal furieux et surpuissant de dynamiques plus ambitieuses encore.

Aussi massif mais amplement plus hétérogène que le précédent Tales Of The Black Dawn, Black Nova ne mise pas que sur ses accélérations, mais au contraire sur des passages beaucoup plus heavy, aux aérations bienvenues, et en alternance avec cette rythmique frénétique ou martiale de référence. Si Shawter, chanteur, guitariste, compositeur — et tête pensante de DAGOBA depuis sa création il y a vingt ans — reste le producteur appliqué de son oeuvre, à nouveau mise en boîte au sein d’Eagle Black, son propre studio marseillais, il est désormais assisté au mix et au mastering par un autre grand nom du son metal actuel : Jacob Hansen (Volbeat, Evergrey, Epica).

Aujourd’hui, à l’issue d’une tournée japonaise, DAGOBA présente fièrement son septième LP, Black Nova. Tel un astre brillant autant d’une énergie surhumaine que d’une profonde noirceur, Black Nova démultiplie ses facettes : loin de s’éparpiller aux confins de son univers, le groupe offre un album saisissant de maturité, tout en associant son identité singulière avec la pluralité de ses influences.

Après l’instrumental « Tenebra » qui introduit une atmosphère où l’on ne peut être que happé, tel un trou noir entre vos baffles de salon bientôt rudoyées, « Inner Sun » est un titre incroyablement fort, future bande-son des fosses les plus sauvages : ce morceau si représentatif symbolise à lui seul le haut degré de travail dans la composition, la combinaison inédite de ces arrangements, et de la technicité des musiciens, suivi par des gâteries du même acabit comme « The Infinite Chase ».

Ici sommes-nous saisis par la grandiloquence de « The Legacy Of Ares », qui ambitionne d’égaler les oeuvres symphoniques et magistrales des ténors du black-metal norvégien, Dimmu Borgir en tête. Ce sens de l’orchestration, de l’image cinématographique de sa musique, Shawter le tient surtout de son obsession pour les compositeurs hollywoodiens, tels que John Williams ou Hans Zimmer dans leurs travaux les plus éloquents, et qui illustrent en filigrane Black Nova comme une trame, entre autres sur « Fire Dies », ou encore l’épique « Vantablack » en conclusion.

Ailleurs, tout en étant forgé dans une tradition aussi huilée qu’inaltérable, propre au headbanging et aux échauffourées viriles sur les terres de tous les festivals, DAGOBA dépasse les limites d’un metal industriel si articulé et mécanique, pour oser insuffler des touches d’électro et de dub-step, à la manière des expérimentations audacieuses réalisées par Korn avec des artistes et DJs indépendants tels que Skrillex, générant un groove, un élan, un regain de vitalité aussi vif qu’impressionnant auprès des riffs, et ce sans trahir la moindre de ses aspirations.

La virilité des propos n’est en aucun cas atténuée par un chant ouvertement plus modulé : les hurlements restent rugueux, mais des lignes mélodiques, qui ne sont pas sans rappeler celles de leurs compatriotes et amis de Bukowski, viennent à nouveau offrir de saisissants contrastes.

Avec un tel album, armé du label Jive/Epic pour la France et de Century Media pour le reste du monde, rien ne peut désormais freiner ce si solide challenger dans sa course ascendante vers la reconnaissance internationale.

 

Par Jean-Charles Desgroux


Discographie :
2003 : Dagoba
2006 : What Hell Is About
2008 : Face the Colossus
2010 : Poseidon
2013 : Post Mortem Nihil Est
2014 : Hellfest MMXIV (Album Live)
2015 : Tales of the Black Dawn
2017 : Black Nova