Intersection

Booking Agency

Da Silva

  • Roster
  • Agent: Bernard M.

En 2019, il y a ce drôle de mot qui pourrait résumer la situation de Da Silva : apatride. Apatride dans un paysage musical du XXIe siècle où l’homme se sent forcément trop à l’étroit. Parce que les frontières, il s’en fiche. Parce que les étiquettes, les castes, les classes, il déteste. Depuis son apparition sur le devant de la scène en 2004, il a emprunté les directions qui l’ont souvent mené là où personne ne l’attendait. Car entre deux albums studio, les succès et les tournées, il a écrit pour les enfants, mis son talent de compositeur, auteur et producteur au service des autres, assouvi ses passions (pour la photographie, pour le théâtre, entre autres), cultivé des amitiés.
“Aujourd’hui, je suis à la recherche de la première émotion que j’ai ressentie quand j’ai écouté The Cure à l’âge de 13 ans”. Cette même émotion que peut provoquer “la première belle cuite, le premier baiser réussi ou le premier sentiment vraiment amoureux, celui qui fait peur. On m’a souvent raconté que cela se reproduisait, mais je n’y crois pas”. Alors, bien sûr, comme tous ceux qui pensent quelque chose impossible, Da Silva n’a plus eu qu’une idée en tête : renouer avec ces premiers vertiges en redevenant un débutant “qui fait un peu n’importe quoi”. Mais qui finit par bien le faire grâce à une écriture décomplexée, et une certaine négligence qui mène parfois à l’excellence.
Au revoir chagrin – clin d’oeil au magnifique roman de Françoise Sagan ? – dévoile dix chansons aux personnalités bien trempées. Des chansons qui flirtent avec la pop, le reggae, la valse, prennent un accent brésilien ou mariachi. Des chansons où l’on croit apercevoir les silhouettes de Tom Waits, Jean-Louis Murat et Brigitte Fontaine, où l’esprit du label Saravah semble s’être glissé dans les silences, où l’on croise Sylvie Hoarau de Brigitte ou Hakim Hamadouche, un proche du regretté Rachid Taha.
Épris comme jamais de cette liberté qui lui colle à la peau, Da Silva a pris ses responsabilités pour imaginer un album exotique et métissé, une invitation à un voyage musical et mélodique « loin du monde » qu’on connait aujourd’hui.
Un voyage pour lequel on se contentera de prendre un aller simple.